L’héritage de la femme

« Que l’on donne à la fille le double du garçon » disent certains de manière moqueuse, pour tourner en dérision la loi divine.

Pourtant, une étude globale des règles d’héritage montre que la femme peut parfois recevoir autant que l’homme, voire plus, selon les cas. Et même dans les situations où elle reçoit la moitié, cela est équilibré par d’autres responsabilités imposées exclusivement à l’homme dans la charia.


Il est regrettable de constater que certaines personnes, pourtant pratiquantes, refusent de donner à leurs sœurs leur part d’héritage, sous prétexte qu’elles sont mariées, qu’elles ont déjà reçu une dot, ou qu’elles vivent à l’étranger. Ces justifications sont contraires à la législation divine, et témoignent d’un mépris des droits les plus élémentaires.


Dans de nombreux cas, les femmes sont les premières lésées : certaines ne sont même pas informées du décès de leur proche, ni de l’ouverture de la succession. Elles découvrent, parfois des années plus tard, qu’elles ont été privées de leur part, alors qu’elles avaient un droit légitime.

D’autres fois, elles sont invitées à signer un document qu’elles ne comprennent pas, ou sont placées sous pression émotionnelle ou sociale pour renoncer à leur part, par « honte » ou « par souci de paix familiale ».


Il est impératif de rappeler que la femme, tout comme l’homme, est une héritière légitime dans la loi divine. Le fait qu’elle soit mariée ou non, mère ou non, riche ou non, n’annule en rien ses droits. Aucun homme n’a le droit d’usurper ou de diminuer sa part sous prétexte de son statut ou de sa situation.


Le fait de consommer de manière injuste l’héritage d’une femme, que ce soit en la privant totalement ou partiellement, fait partie des péchés majeurs. Le Prophète ﷺ nous a mis en garde contre cela dans de nombreux hadiths, et Dieu a promis une punition sévère à ceux qui transgressent Ses lois.


Dans certaines familles, il est courant que les hommes héritent seuls des terres, maisons ou biens familiaux, alors que les sœurs n’obtiennent rien, comme si cela allait de soi. Cette pratique est en totale contradiction avec l’enseignement du Coran.


Certaines femmes elles-mêmes ont été conditionnées à penser qu’il est « honteux » de revendiquer leur part. Elles doivent être soutenues et éduquées dans la compréhension de leurs droits légitimes, car le silence face à l’injustice ne fait que renforcer celle-ci.


Allah ﷻ a institué ces règles pour établir la justice et la paix dans les familles. Rejeter ou ignorer ces règles, c’est semer la division et attirer la colère divine.

L’héritage de la femme est donc une question de justice, de piété, et de respect des lois d’Allah ﷻ.