Remarque : cet article se divise en deux parties : une première en langue française, et une seconde en arabe, extrait de l’explication de Muwatta de l’imam Mâlik (رحمه الله) par cheikh Ayoub, source de tout ce qui est cité en français, qu’Allah le préserve.
Nous savons tous et toutes que la prière du vendredi est la prière devant être priée à la place du Dhuhr pour certaines catégories de personnes (voir l’article 7) et ainsi, elle doit être effectuée durant la même plage horaire, débutant après que le soleil ait commencé à décliner de son zénith. Néanmoins, et ceci depuis peu, on remarque en France métropolitaine que de plus en plus de mosquées avancent la prière du vendredi, en été, de l’heure du Dhuhr.
Or, il n’est pas rapporté que le Prophète ﷺ ait prié le Dhuhr avant le début de son temps ; il y a d’ailleurs consensus sur le sujet, comme le cite Ibn Hajar, qu’Allah lui fasse miséricorde[1]. Existe-t-il une exception qui autoriserait à le faire pour la prière du vendredi ?
Voici le détail de la réponse :
Selon l’extrême majorité des savants, la prière du vendredi ne peut être réalisée avant le début de l’heure du Dhuhr, c’est-à-dire le déclin du soleil de son zénith. Par l’extrême majorité des savants, nous entendons : les savants hanafîs, mâlikîs, châfi’îs (ainsi qu’une opinion de l’imam Ahmad), ainsi que la majorité des savants parmi les compagnons (et à leur tête les 4 califes), leurs élèves (les tâbi’un) ainsi que les élèves de leurs élèves, qu’Allah les agrée tous.
Mais face à cet avis extrêmement majoritaire, il existe une autre opinion pour le coup, ultra minoritaire, qui est l’opinion connue de l’imam Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde, disant que si la prière du vendredi est effectuée avant le début de l’heure du Dhuhr, celle-ci sera valide. On rapporte également cet avis d’Ishâq et de ‘Atâ qu’Allah leur fasse miséricorde.
Précision de l’avis connu de l’école hanbalî : quelle est la délimitation du « avant l’heure du Dhuhr » ? A ce niveau, au sein même de l’école, plusieurs avis divergent. En voici quelques-uns :
– L’heure du jumu’ah débute dès qu’on peut prier la prière du ‘Id ;
– L’heure du jumu’ah débute dès que le cinquième sixième de la matinée est entré ;
– L’heure du jumu’ah débute dès que le dernier sixième de la matinée est entré.
Remarque : on parle de sixième de la matinée, car la journée se divise en deux périodes : six pour la matinée et six pour l’après-midi.
Voici l’argumentation des deux groupes
Les preuves de l’extrême[2] majorité des savants :
عن أنس رضي الله عنه أن رسول الله ﷺ كان يصلي الجمعة حين تميل الشمس. رواه البخاري
Anas, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète ﷺ avait l’habitude de prier le jumu’a lorsque le soleil avait décliné (Rapporté par Bukhârî).
وعن سلمة ابن الأكوع رضي الله عنه قال : كنا نُـجَمِّعُ مع رسول الله ﷺ إذا زالت الشمس ثم نرجع نَتَتَبَّعُ الفَيء. رواه مسلم
Salamah Ibn Al Akwa’, qu’Allah l’agrée, dit : « On priait la prière du vendredi / jumu’ah avec le Prophète ﷺ lorsque le soleil commençait à décliner, puis nous rentrions en recherchant l’ombre (pour marcher à l’ombre) » (Rapporté par Muslim).
Or, on ne peut parler de déclin, qu’une fois que le soleil ait au préalable atteint son zénith.
Les preuves de l’école hanbalî[3] :
عن جابر رضي الله عنه قال: كان رسول الله ﷺ يصلي الجمعة ثم نذهب إلى جِمالنا فنُريـحُها حين تزول الشمس. رواه مسلم
Jâbir, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète ﷺ priait le jumu’ah (en notre compagnie) et par la suite, nous partions vers nos dromadaires afin de les détacher lorsque (حين) le soleil déclinait.
Néanmoins, rien n’indique que la prière était effectuée avant le déclin du soleil. En effet, le terme « lorsque – حين » en arabe peut exprimer un moment précédent au déclin du soleil, ce qui serait une preuve renforçant l’avis hanbalî, tout comme il peut indiquer le moment même ou encore le moment suivant, mais qui reste proche de l’évènement évoqué. Ainsi, ce seul hadith ne suffit pas pour répondre à notre problématique ; il est donc indispensable de le lire à la lumière de l’ensemble des hadiths qui traitent de ce sujet.
Lorsqu’on reprend les hadiths précédemment évoqués, on comprend alors aisément qu’il s’agit alors effectivement du moment juste après le déclin, ce qui souligne également que le Prophète ﷺ se hâtait de faire le prêche et la prière du vendredi, afin que les compagnons puissent retourner chez eux se restaurer et se reposer, comme nous le verrons plus bas.
D’ailleurs, ce qui permet de renforcer l’idée que « lorsque – حين » peut évoquer l’instant T ou celui le précédant de peu ou le suivant de peu est le hadith suivant :
وصلَّى بيَ العصرَ حينَ كانَ ظلُّهُ مثلَهُ. رواه أبو داود عن ابن عباس رضي الله عنهما
« Il (Jibrîl, ‘aleyhi salam) a dirigé la prière du ‘Asr avec moi derrière (dit le Prophète ﷺ) lorsque chaque chose avait la taille de son ombre » (Rapporté par Abû Dâwûd).
Or, la même expression fut utilisée pour indiquer la fin du Dhuhr et le début du ‘Asr[4]. D’ailleurs, c’est bien pour cela que certains savants parlent d’un temps commun entre les deux prières (voir article 1).
Autre preuve avancée par l’école hanbalî :
وعن سَلَمَة بن الأَكوَع قال: كنا نصلي مع رسول الله ﷺ الجمعة ثم ننصرف وليس للحِيطان ظِلٌّ نَستَظِلُّ به. رواه البخاري ومسلم
Salama ibn Al Akwa’, qu’Allah l’agrée, dit : « Nous priions avec l’Envoyé de Dieu ﷺ le jumu’ah puis nous nous en allions alors qu’il n’y avait pas d’ombre sur les murs avec laquelle nous pouvions nous ombrager » (Rapporté par Bukhârî et Muslim)
De prime abord, nous pourrions comprendre de ce hadith qu’il n’y avait effectivement pas d’ombre, car le soleil n’avait pas encore décliné de son zénith. Cependant, un hadith ne se lisant jamais seul, il faut le lire à la lumière de ce qui précède…
En réalité, ce qu’il voulait dire, c’est qu’il n’y avait pas assez d’ombre permettant de s’ombrager sous elle, car en effet, le Prophète ﷺ priait le vendredi très tôt, après le déclin du soleil du zénith, et non que le Prophète ﷺ priait le jumu’ah avant ce dernier. Comment peut-on supposer qu’il ait voulu dire cela ? Car il s’agit du même compagnon qui, précédemment, avait dit : « On priait la prière du vendredi/jumu’ah avec le Prophète ﷺ lorsque le soleil commençait à décliner, puis nous rentrions en recherchant l’ombre (pour marcher à l’ombre) ». CQFD.
D’ailleurs, très fréquemment, et même en langue française, on peut exprimer une quantité minime en niant tout simplement sa présence. On peut dire « il n’y a pas d’eau dans cette bouteille », alors qu’en réalité, il peut y en avoir, mais que légèrement, pas suffisamment.
Bilan des différents textes sur le sujet :
Dans les énoncés des différents avis, il ne s’agit pas là de nier tel ou tel hadîth, car pour le moins qu’un hadîth soit authentique, il est à accepter. Aussi, il ne s’agit pas là de garder certains ahâdîths et d’en délaisser d’autres : autant que faire se peut, il faut concilier tous ces textes.
Ainsi, on en conclut que :
D’après les ahâdîths avancés par la majorité des savants, on comprend aisément que le Prophète ﷺ ne priait pas le vendredi avant le début de l’heure du Dhuhr, c’est-à-dire avant le déclin du soleil de son zénith.
Aussi, d’après les ahâdîths notamment avancés par les hanbalîs, on comprend aussi que cette prière du jumu’ah était alors faite dès les premiers instants par le Prophète ﷺ, contrairement à la prière du Dhuhr qui pouvait être retardée parfois (voir article 6).
وعن سهل بن سعد، قال: ما كنا نَقِيلُ ولا نَتَغَدَّى إلا بعد الجمعة في عهد رسول الله ﷺ. رواه البخاري ومسلم، وليس في رواية البخاري في عهد رسول الله ﷺ
Sahl ibn Sa’d dit : « A l’époque du Prophète ﷺ, nous ne faisions ni la sieste ni ne mangions si ce n’est après jumu’ah» (Rapporté par Bukhârî et Muslim)[5]
Wallâhu A’lam.
Ceci étant dit, est-ce que cette opinion connue de l’imam Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde est vraiment ce qui est gardé au sein de l’école hanbalî ? Est-ce cet avis qui est préconisé et mis en pratique ?
Bien que l’avis connu de l’imam Ahmad soit la permission de prier le Jumu’ah avant l’heure, d’autres opinions sont également rapportées de lui (qu’Allah lui fasse miséricorde). En effet, Ibn Rajab (un savant hanbalî) rapporte qu’un des grands élèves de l’imam Ahmad (Hanbal ibn Ishâq) rapporte que l’imam Ahmad a dit : « la prière du jumu’ah se fait le plus tôt possible : le muezzin fera l’adhân avant le déclin du soleil du zénith, l’imam fera la khutbah également (avant le zawâl), mais on fera la iqâmah de la prière au moment où le soleil sera au zénith, lorsque la prière sera devenue obligatoire. C’est ce que les compagnons du Prophète ﷺ recherchaient (c’est-à-dire de prier au début de l’heure), excepté qu’il n’est pas convenable de la prier tant que le soleil n’a pas décliné. Ceci est la manière que les gens n’ont cessé de mettre en pratique à Médine et au Hijâz, et le Prophète ﷺ et les compagnons faisaient cela ».
Il rapporte aussi que Sâlih, le fils l’imam Ahmad, a dit avoir questionné son père sur l’heure du jumu’ah et il répondit : « lorsque le soleil a décliné ». Mais son fils rapporte aussi que son père a dit : « si (quelqu’un priait le jumu’ah) avant cela (c’est-à-dire le déclin du soleil), je ne lui reprocherais pas. Quant à après, cela est la précaution/il n’y a pas de doute dessus ». Il est également rapporté de l’imam Ahmad qu’il aurait dit : « il ne convient pas de prier (jumu’ah) avant le déclin (du soleil) »
Ibn Qudâmah, grand savant hanbalî, dit également : « ce qui est recommandé est de réaliser le jumu’ah après le déclin (du soleil) car c’est ce que le Prophète ﷺ faisait, mais aussi pour éviter toutes divergences car les savants de la communauté sont unanimes sur le fait que prier après le déclin (du soleil) constitue un moment (valide) pour le jumu’ah».
Cheikh Uthaïmîne écrit : « Al-Muwaffaq (qui est un surnom d’Ibn Qudâmah), alors qu’il fait partie des plus grands savants (de l’école) de l’imam Ahmad donne préférence à l’avis disant qu’il n’est ni permis de prier jumu’ah avant le sixième (moment) de la matinée, ni au début de la matinée comme l’ont avancé beaucoup de savants hanbalîs et cet avis constitue l’avis correct : elle n’est pas valide (si elle est priée) en début de journée, mais est valide seulement si elle est priée (au moins) lors du sixième moment de la matinée. Néanmoins, le meilleur est de (la prier) après le déclin du soleil, conformément à l’avis de la majorité des savants ».
Après avoir évoqué toutes les opinions existantes au sein de l’école hanbalî, l’imam Al Mardâwî, grand savant hanbalî écrit ceci : « le résumé est que tous les avis évoquant (la prière du vendredi) avant le déclin font partie des opinions marginales/isolées, et il est rapporté de lui (c’est-à-dire l’imam Ahmad) que l’heure du jumu’ah débute après le déclin ; c’est d’ailleurs l’opinion que Al Âjurî (autre savant hanbalî) choisit ».
Conclusion :
Certains savants contemporains ont émis la fatwa autorisant de prier le jumu’ah avant le déclin du soleil de son zénith, se basant sur ce qui a été précédemment cité comme arguments attribués à l’école hanbalî ainsi que sur le principe de facilité, afin d’éviter à la communauté une difficulté qu’elle ne pourrait supporter.
Or, cette difficulté n’est qu’un « prétendu mal/mal supposé », car la majorité des personnes priant avant le déclin du soleil ne sont pas dans l’incapacité de prier après, sans parler de l’imam.
Une solution ? Si les imams raccourcissaient leurs prêches et suivaient en cela le Prophète ﷺ, qui était sans aucun doute le meilleur des imams, le problème serait en grande partie résolu.
Wallâhu A’lam.
Les sources de ce qui précède :
قال الإمام النووي: قد ذكرنا أن مذهبنا (الشافعية) أن وقتها وقت الظهر ولا يجوز قبله، وبه قال مالك وأبو حنيفة وجمهور العلماء من الصحابة والتابعين فمن بعدهم. وقال أحمد: تجوز قبل الزوال. قال القاضي أبو الطيب: حكي عنه أنه قال: في الساعة الخامسة. وقال أصحابه يجوز فعلها في الوقت الذي تفعل فيه صلاة العيد. وقال الخرقي: في الساعة السادسة. (وذكر الـمَرداوي في « الإنصاف » جميع أقوال الحنابلة ثم قال: وتلخيصه أن كل قول قبل الزوال فهو من المفردات، وعنه -أي الإمام أحمد- أول وقتها بعد الزوال، اختارها الآجُري وهو الأفضل)
قال العَبدَري: قال العلماء كافة: لا تجوز صلاة الجمعة قبل الزوال إلا عند أحمد (وإسحاق وعطاء، ورُوِيَ عن ابن عباس). ورُوِي ذلك بإسناد لا يثبت عن أبي بكر وعمر وابن مسعود ومعاوية. واحتُجَّ لأحمد بحديث جابر، قال: « كان رسول الله ﷺ يصلي الجمعة ثم نذهب إلى جِمالنا فنُريـحُها حين تزول الشمس » رواه مسلم، وعن سَلَمَة بن الأَكوَع، قال: » كنا نصلي مع رسول الله ﷺ الجمعة ثم ننصرف وليس للحِيطان ظِلٌّ نَستَظِلُّ به » رواه البخاري ومسلم، وعن سهل بن سعد، قال: « ما كنا نَقِيلُ ولا نَتَغَدَّى إلا بعد الجمعة في عهد رسول الله ﷺ » رواه البخاري ومسلم، وليس في رواية البخاري في عهد رسول الله ﷺ
واحتَجَّ أصحابنا والجمهور بحديث أنس « أن رسول الله ﷺ كان يصلي الجمعة حين تميل الشمس » رواه البخاري، وعن سلمة ابن الأكوع، قال: « كنا نُـجَمِّعُ مع رسول الله ﷺ إذا زالت الشمس ثم نرجع نَتَتَبَّعُ الفَيء » رواه مسلم، وهذا هو المعروف من فعل السلف والخلف. قال الشافعي: صلى النبي ﷺ وأبو بكر وعمر وعثمان والأئمة بعدهم كل جمعة بعد الزوال
والجواب عن احتجاجهم بحديث جابر وما بعده أنها كلَّها محمولة على شدة المبالغة في تعجيلها بعد الزوال من غير إبراد. هذا مختصر الجواب عن الجميع وحَمَلَنا عليه الجمعُ من هذه الأحاديث من الطرفين وعملُ المسلمين قاطِبَةً أنهم لا يصلونها إلا بعد الزوال
وتفصيل الجواب أن يقال: حديث جابر فيه إخبار أن الصلاة والرواح إلى جِمالهم كانا حين الزوال لا أن الصلاة قبله، فإن قيل: قوله « حين الزوال » لا يسع هذه الجملة، فجوابه أن المراد نفس الزوال وما يُدانيه كقوله ﷺ: صلَّى بـي العصر حين كان كل شيء مثلَ ظلِّه
والجواب عن حديث سلمة أنه حجة لنا في كونها بعد الزوال لأنه ليس معناه أنه ليس للحيطان شيء من الفيء وإنما معناه: ليس لها فَـيءٌ كثير بحيث يَستظِلُّ به الـمارُّ، وهذا معنى قوله « وليس للحيطان ظل نستظِلُّ به »، فلم يَنْفِ أصل الظل وإنما نفى كثيره الذي يُستظَلُّ به. وأَوضَح منه الرواية الأخرى (أخرجها مسلم بعدها) « نَـتَـتَـبَّعُ الفيء »، فهذا فيه صريح بوجود الفيء لكنه قليل، ومعلوم أن حيطانهم قصيرة وبلادهم متوسطة من الشمس ولا يظهر هناك الفيء بحيث يستظل به إلا بعد الزوال بزمان طويل
وأما حديث سهل « ما كنا نَقيل ولا نتغدَّى إلا بعد الجمعة » فمعناه أنهم كانوا يؤخِّرون القَيلولة والغداء في هذا اليوم إلى ما بعد صلاة الجمعة، لأنهم نُدِبوا إلى التبكير إليها، فلو اشتغلوا بشيء من ذلك قبلها خافوا فوتها أو فوت التبكير إليها. ومما يؤيد هذا ما رواه مالك في الموطإ بإسناده الصحيح (الحديث -13-)
وأما الأثر عن أبى بكر وعمر وعثمان فضعيف باتفاقهم، لأن ابن سِيدان ضعيف عندهم، ولو صح لكان متأوَّلًا لمخالفة الأحاديث الصحيحة عن رسول الله ﷺ (المجموع شرح الـمُهَذَّب)
وغالب الظن أن المراد ب »العبدري »: أبو الحسن علي بن سعيد، صاحب « الكفاية »، مات ببغداد سنة 493هـ
وقال ابن عبد البر: لا تجوز الجمعة قبل الزوال، ولا يخطب لها إلا بعد الزوال، وعلى هذا جمهور الفقهاء وأئمة الفتوى، وقد كان أحمد بن حنبل يقول: من صلاها قبل الزوال لم أَعِبْه، اهـ
وإن كان المشهور عن الإمام أحمد جوازها قبل الزوال، فقد روى عنه ابن رجب غير ذلك أيضًا، قال: وقد روى حنبل (هو الحافظ حنبل بن إسحاق الشَّيباني، ابن عم الإمام أحمد، مات سنة 273هـ) عن أحمد قال: صلاة الجمعة تعجل، يؤذن المؤذن قبل أن تزول الشمس، وإلى أن يخطب الإمام، وتقام الصلاة، قد قام قائم الظهيرة، ووجبت الصلاة، وكان أصحاب رسول الله يتحرَّون بصلاة الجمعة، إلا أنه لا ينبغي أن تصلى حتى تزول الشمس لأول الوقت، هذه السنة التي لم يزل الناس يعملون عليها بالمدينة والحجاز، ورسول الله ﷺ وأصحابه على ذلك
وظاهر هذه الرواية: أنه إنما يقدم على الزوال الأذان والخطبة خاصة، وظاهرها: أنه يجوز الصلاة في وقت الزوال يوم الجمعة خاصة. وقال صالح بن أحمد: سألت أبي عن وقت الجمعة؟ فقال: إذا زالت الشمس. ونقل صالح أيضاً، عن أبيه، أنه قال: إن فعل ذلك قبل الزوال فلا أعيبه، فأما بعده فليس فيه شكٌ
ونقل أبو طالب عنه قال: ما ينبغي أن يصلي قبل الزوال (« فتح الباري » لابن رجب)
وقال ابن قدامة: المستحب إقامة الجمعة بعد الزوال لأن النبي ﷺ كان يفعل ذلك، ولأن في ذلك خروجًا عن الخلاف، فإن علماء الأمة اتفقوا على أن ما بعد الزوال وقت للجمعة (المغني)
وقال الشيخ العُثَيمين: رجَّح الموفَّق (ابن قدامة)، وهو من أكابر أصحاب الإمام أحمد، أنها لا تصح قبل السادسة، ولا في أول النهار كما ذهب إليه كثير من الأصحاب، وهذا القول هو الراجح أنها لا تصح في أول النهار، إنما تصح في السادسة، والأفضل أن تكون بعد الزوال وفاقًا لأكثر العلماء (الشرح الممتع)
ومما يدل على أن وقتها وقت الظهر أنهم اتفقوا على أن من صلى الجمعة سقط عنه الظهر، ولو لم يكن ممن تجب عليه، وعلى أن من فاتته الجمعة صلى الظهر بدلًا عنها، وعلى أن من تجب عليه الجمعة لا تصح منه صلاة الظهر حتى يتيقن أنهم صلوا الجمعة فلا يدركهم فيها
ووافق الحنابلةُ جمهورَ الفقهاء على أن من أدرك أقل من ركعة مع الإمام أتمها أربعًا ظهرًا
(…)
وقد أفتى بعض علماء العصر في أُروبا بجواز صلاة الجمعة قبل الزوال في أيام التوقيت الصيفي، اعتمادًا على ما مضى من الأدلة، وقد بانَ ما فيها من احتمال التأويل وإمكان الجمع بينها وبين ما صح بالصراحة عن النبي ﷺ، وتبين ما في بعضها من الضعف. وتمسكوا أيضًا بمبدإ التيسير على الناس دفعًا للضرر عنهم، ولكن هذا الضرر موهوم، لا يتحقق في أغلب الناس الذين يصلونـها قبل الزوال ءوعامتهم يتبعون مذهب الإمام مالكء. ولا يتحقق هذا الضرر في الإمام، بل هو، وهُم، قادرون على أداء الجمعة بعد الزوال بدون حرج. ولو قصر أئمة المساجد خطبهم وجعلوها على قدر خطب النبي ﷺ – خير الخطباء – لَانـْحَلَّت المشكلةُ، وما التوفيق إلا بالله
وقد ألف الشيخ أبو سهل صالح علي العَود، التونسي الأصل المقيم في باريس، في هذا الموضوع رسالة مفيدة، سماها « الرد على من خالف المعتمد ». الرحلة الكاشفة للشيخ المعلم الفقيه الرباني محمد أيوب حفظه الله
Wallâhu A’lam.
[1] قال ابن حجر: زوال الشمس أول وقت الظهر، إذ لم ينقل أنه ﷺ صلى قبله. وهذا هو الذي استقر عليه الإجماع، وكان فيه خلاف قديم عن بعض الصحابة أنه جوز صلاة الظهر قبل الزوال (فتح الباري).
[2] Nous précisons « extrême », non pas pour dénigrer l’avis retenu des savants hanbalis, loin de là, mais pour bien faire saisir au lecteur que cet avis n’est pas l’avis gardé au sein de la communauté des savants depuis des siècles et des siècles.
[3] En passant, notons que ces preuves n’ont aucunement été cité par l’imam Ahmad lui-même, mais sont citées par les savants hanbalîs par la suite.
[4] والحديث بكماله هو : أمَّني جبريلُ عندَ البيتِ مرَّتينِ فصلَّى بيَ الظُّهرَ حينَ زالتِ الشَّمسُ وَكانت قدرَ الشِّراكِ وصلَّى بيَ العصرَ حينَ كانَ ظلُّهُ مثلَهُ وصلَّى بيَ يعني المغربَ حينَ أفطرَ الصَّائمُ وصلَّى بيَ العشاءَ حينَ غابَ الشَّفَقُ وصلَّى بيَ الفجرَ حينَ حرمَ الطَّعامُ والشَّرابُ على الصَّائمِ فلمَّا كانَ الغدُ صلَّى بيَ الظُّهرَ حينَ كانَ ظلُّهُ مثلَهُ وصلَّى بي العصرَ حينَ كانَ ظلُّهُ مثليهِ وصلَّى بيَ المغربَ حينَ أفطرَ الصَّائمُ وصلَّى بيَ العشاءَ إلى ثلثِ اللَّيلِ وصلَّى بيَ الفجرَ فأسفَرَ ثمَّ التفتَ إليَّ وقالَ يا محمَّدُ هذا وقتُ الأنبياءِ من قبلِكَ والوقتُ ما بينَ هذينِ الوقتينِ. رواه أبو داود.
[5] Et ceci, pour éviter de perdre les récompenses liées au fait d’arriver tôt à la mosquée en ce jour ou de rater le début de la khutbah, etc.